
" Mots pour maux " : quand l'atelier d'écriture se transforme en spectacle
Les amateurs et férus de la musique rap ont été bien servis par un cocktail détonnant de sons lors de la restitution des travaux de l' atelier d' écriture dénommé " Mots pour maux " animé par le célèbre rapeur Kajeem. C' était le vendredi 22 janvier dernier à l' Institut Goethe.
Les amateurs et férus de la musique rap ont été bien servis par un cocktail détonnant de sons lors de la restitution des travaux de l'atelier d'écriture dénommé " Mots pour maux " animé par le célèbre rapeur Kajeem. C'était le vendredi 22 janvier dernier à l'Institut Goethe.
Deux heures de spectacles riches en proses, vers et slams livrées par tes artistes aussi talentueux les uns que les autres. Kajeem, l'animateur de la soirée a insisté sur l'importance des textes dans toute composition musicale. Selon lui, contrairement aux idées répandues, la musique rap obéit elle aussi à des règles d'écriture que l'artiste doit maîtriser pour espérer faire carrière dans le métier. Les textes de l'atelier ont tourné autour du cinquantenaire des indépendances que beaucoup de pays africains s'apprêtent à fêter en grande pompe cette année même si la possibilité à certains participants d'écrire sur des thèmes de leur choix.
Zalaka, le premier slameur à monter sur le podium a séduit le public à travers un texte dédié à la femme stérile. Déclamé sur un air flûte, ce texte a véritablement donné le tempo de la soirée. Salem, Angela MC, Nanan Ewing, Steeky, le trio Sara Tee, Ben Npeck et Lil Pipe ont tour à tour donné la pleine mésure de leurs talents à travers des paroles jugées très corsées mais qui traduisent les maux vécus par la jeunesse africaine. Pour la plupart des participants, les indépendances africaines n'ont pas apporté le bonheur escompté par la faute des africains eux-mêmes.
C'est dans cette même veine que s'inscrit le texte de la jeune Bamba Amy. Un texte fort éloquent qui dresse le bilan de la femme africaine 50 ans après les indépendances. Bilan somme toute négatif car 50 années après, la femme africaine vit toujours sous le joug de l'homme. Pour elle donc, le cinquantenaire doit sonner la révolte de la femme pour un avenir prometteur.
Cette soirée a gagné en intensité lorsque les artistes Nash et Priss'k ont pris le micro. Chacune dans son registre a distillé de belles mélodies au public venu nombreux. Priss'k avec un titre très enlevé " femme de feu ", figurant sur son nouvel album a servi un véritable nectar sonore aux mélomanes qui en redemandaient. Un texte en hommage à toutes les femmes battantes qui gardent toujours espoir malgré leurs difficultés quotidiennes.
C'est très satisfait que le public est reparti après cette soirée où la place a été donnée aux mots pour dénoncer les maux. Une initiative qui gagnerait à être multipliée selon des participants et spectateurs interrogés après le spectacle.
Selon Kajeem, un album collectif avec tous les participants à l'atelier est prévu à l'occasion de la commémoration du cinquantenaire des Etats africains.