
Fily-Dabo Sissoko
Né entre 1897 et 1900, « à la fin du XIX ème siècle » comme l'indique sa biographie officielle dans son village natal de Horokoto, il est scolarisé à Kayes (1908-1911) avant d'entrer à l'Ecole Normale de Saint-Louis en 1911 (transférée à Gorée en 1913).
En 1914, il échoue à l'examen de sortie. Il est alors envoyé comme moniteur stagiaire à l'Ecole régionale de Ouagadougou. A la mort de son père, chef de canton de Niambia, en 1933, il devient à son tour chef de canton, alors qu'il était instituteur à Bougouni. En 1945, il est élu député du Soudan-Niger et siègera au Palais Bourbon jusqu'à la fin de la IVè République française. En février 1946, il fonde son propre parti politique, le Parti progressiste soudanais (PSP) qui refuse l'adhésion au RDA dont il ne partage pas l'orientation socialo-communiste. Il est membre du gouvernement éphémère du 5 au 9 septembre 1946, où il est nommé secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Industrie. En 1953, il est élu président du Conseil Général du Soudan français et membre du grand conseil de l'AOF. Avec les partis non affiliés au RDA, il rejoint le Mouvement socialiste africain (MSA) sous l'impulsion de Lamine Gueye, tandis que Senghor fonde le parti de la Convention africaine (CA). Lorsque le MSA et le CA fusionnent pour donner le Parti du regroupement africain (PRA), F.D. Sissoko est vice- président du groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale française. Mais au Soudan, son parti, le PSP, est en déclin face à son rival l'US-RDA. En 1958, il s'oppose en vain au référendum de De Gaulle et à la formation de la Fédération du Mali.
En 1959, le PSP n'a plus de siège à l'Assemblée Territoriale. Fin de sa carrière politique. Après l'indépendance, il est nommé conseiller technique au ministère de l'Education Nationale. En juillet 1962, lors d'une manifestation populaire contre la création du franc malien, il est arrêté pour tentative de soulèvement. Il meurt près du bagne de Kidal entre la fin juin et le 5 juillet 1964. Les motifs de son arrestation et les circonstances de sa disparition demeurent toujours imprécis.
Publications:
Les Noirs et la culture (1950),
Crayons et portraits (1953),
La Passion de Djimé (1956),
Coups de sagaie : controverse sur l'Union française (1957),
Une page est tournée : voix perdues suivi de Voix sans écho (1959),
La Savane rouge (1962), Poèmes de l'Afrique noire : feux de brousse,
Harmakhis, Fleurs et chardons (1963),
Les Jeux du Destin (1970),
Au-dessus des nuages (1970)
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