
Caravane du conte Abidjan-Dakar: Massamba Gueye enflamme le Goethe !
Les soirées du conte, dans le cadre de la Caravane du conte Abidjan-Dakar ont débuté hier soir à l' Institut Goethe devant le public venu nombreux pour célébrer l' oralité à travers trois talentueux conteurs. Après avoir remercié le public pour avoir effectué le déplacement, M. Friso Maecker a réaffirmé l' importance du conte dans nos sociétés dites modernes. Il a souhaité qu' à travers ces soirées du conte, le public puisse établir un pont entre l' oralité et l' écriture pour la survie des générations futures.
C' est la conteuse ivoirienne Amoin Koffi qui a ouvert le bal avec " le salaire du mensonge " et " au pays des aveugles " , deux contes tirés du terroir baoulé qui mettent l' accent pour le premier sur la nécessité de dire la vérité quelqu' en soit le prix et le second sur deux grandes valeurs que sont l' humilité et le pardon.
La relève a été assurée par la conteuse ivoirienne Glaï Brigitte qui n' a pas voulu se laisser conter. A travers " Gnion, le symbole de l' unité ", elle a invité le public a cultiver l' unité et la solidarité, deux valeurs qui permettent la cohésion sociale et l' entente entre toutes les communautés. En ensuite l' histoire de " Mankélé ", belle jeune fille qui avait pour totem le sourire, disparue par la suite à cause de la jalousie et de la méchanceté de l' homme a ému le public. Moralité de l' histoire : il faut toujours pardonner quelque soit le tort qu' on vous a causé.
Massamba Gueye, conteur-né, orfèvre de la parole, celui qui joue avec les mots tout en se jouant d' eux, a gratifié l' assistance d' une belle prestation. Ce conteur venu du pays de la " Téranga " a su plonger le public dans son milieu à travers son conte " Au bout du conte, fils de voleurs, petit-fils de menteurs... ".
Conte plein d' enseignements qui amène l' homme à se séparer du mensonge même si celui-ci lui permet dans certaines circonstances de se tirer d' affaires. Même si Samba a hérité de ses ascendants le mensonge, il ne doit pas perpétuer cette tradition. Ce conte, raconté à la troisième personne, fait le tour de l' actualité nationale et internationale en mettant toujours le public au centre de l' action. De façon interactive, Massamba Gueye et le public mènent le fil de l' histoire de bout en bout jusqu' à ce que le public lui retire ses oreilles qui ont servi à écouter l' histoire et que le conteur à son tour retire sa bouche qui a servi à raconter l' histoire. Le public ainsi conquis par le jeu du " Maître " de la parole ne pouvait que jubiler. Belle soirée de conte avec comme grand vainqueur l' oralité.